Combien de pas jusqu’à la lune

Voici mon dernier coup de coeur littéraire : Combien de pas jusqu’à la lune de Carole Trébor aux éditions Albin Michel.


L’histoire

Ce livre retrace le parcours d’une des 4 héroïnes du film « Les figures de l’ombre », Katherine Johnson. 

On suit son histoire de sa naissance jusqu’à sa carrière à la Nasa. C’est une petite fille issue d’une famille noire américaine à une époque où la ségrégation fait encore rage. Elle grandit heureuse entourée de ses parents aimants  se sacrifiant pour que leurs enfants étudient. 

Mais la petite Katherine Coleman n’est pas une enfant ordinaire. Elle adore compter : Les pas pour aller à l’école, les fourmis, les gens présents à l’église etc.. Les maths sont un jeu pour elle.

Seulement elle est métisse. Pas assez blanche pour certains noirs mais trop noire pour les blancs dans une Amérique encore segréguée. Les Noirs ont leur propre école, quasiment un système scolaire parallèle à celui des Blancs, et n’ont pas accès aux postes à responsabilités. Et être une femme noire est encore un obstacle même si on est la meilleure mathématicienne. 

La petite Katherine ne se découragera pas et suivra toute sa vie le sage conseil : « Tu es la meilleure mais pas meilleure que les autres ».

Elle a aujourd’hui 101 ans et vit toujours à White Sulphur Springs.

Un livre pour donner confiance à toutes les jeunes filles qui n’osent pas toujours suivre leurs rêves. 

L’auteur

Carole Trébor n’est pas une inconnue en littérature pour adolescents. Sa participation à la quadrilogie U4 avec les  tomes Contagion et Jules.

Diplômée en histoire, elle a participé au projet Les Jalons de l’Histoire en tant qu’historienne et  animé ensuite pendant deux ans l’émission Les Tabous de l’histoire pour le site d’ARTE. 

Après avoir réalisé de nombreux documentaires et moyen-métrages elle se lance dans l’écriture grâce au soutien des éditions Gulf Stream. 

La trilogie historique fantastique Nina Volokovitch sorti en septembre 2012  la fera connaitre du public adolescent.

 

Pour aller plus loin

  • Dans la même collection que ce livre, on retrouve les biographies de Marie Curie et Cassius alias Mohammed Ali.
  • Lewis Carrie, Elles ont changé le monde, 60 portraits de femmes, éditions de l’imprévu, 2019,ISBN 979-1029502378, 18.95€

Par leur courage et leurs convictions, elles ont réussi à s’imposer dans un monde d’hommes.

  • Favoro Patrice, Ils et Elles ont changé le monde, De la Martinière jeunesse, 2016,ISBN 9782732476308, 21.50€

Parce qu’il n’ y a pas que des femmes au destin exceptionnel, ce livre retrace la vie de 50 personnalités allant de Marguerite Youcenar à Steeve Job en passant par Malala Yousfzai.

  • Bagieu, Pénélope, Culottées, Gallimard, 2016. Il est sorti en format poche il y a peu.

Récompensé par le grand prix américain de la BD Eisner, ce recueil célèbre des femmes met en avant le destin de femmes extraordinaires. Le tome 2 est sorti récemment.

  • Favelli Eva, Histoires du soir pour filles rebelles, Editions Les arènes, 2017, ISBN 978-2352046783, 19.90

100 destins de femmes héroïques  du monde entier, d’hier et d’aujourd’hui.  Il existe une version garçons : « Histoires pour les garçons qui veulent changer le monde ». Un tome est sorti récemment.

  • Videau Valérie, Les femmes qui ont fait bouger le monde, Hatier jeunesse, 2018, ISBN 978-2218754944, 18.90

Portrait illustrés de 50 femmes qui ont marqué le monde pour vivre leur rêve

  • Yousfzai Malala, « Moi, Malala, Je lutte pour l’éducation et je résiste au Talibans », 2016,Le livre de poche, 5.50€

 9 octobre 2012, Malala rentre de l’école lorsque, soudain, le bus scolaire s’arrête. Deux hommes armés lui tirent dessus. Son crime ? Avoir osé prétendre aux mêmes droits que les garçons, et avoir dénoncé les talibans qui incendient les écoles et interdisent aux jeunes filles le droit à l’éducation.

  • Dans la collection « Non.. » chez Actes Sud junior, on trouve les biographie de Marie Curie, Rosa Parks, Nelson Mandela, Martin Luther King et Olympe de Gouges
  • Les mots indispensables pour parler du sexisme, Syros, 2019, ISBN 978-2748526363,12€

Un abécédaire de 60 mots décrivant tous les mots liés au. sexisme. Il en existe un dans la même collection sur le thème du racisme.

  • Pique Emmanuelle, Je me défends du sexisme, Albin Michel jeunesse, 2018, ISBN 978-2226435156, 10€

Ce livre propose des exemples concrets (la répartition inégale de l’espace, les baisers forcés, les remarques dégradantes sur le physique, les viols…) et propose des outils pour élaborer une stratégie de parade, des « flèches de résistance », adaptées à chaque situation. Dans la même collection : Le racisme et le harcèlement.

Bonne lecture !

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After

Quand on voyage, le temps passe plus vite en lisant. En avion, train, bus bateau ou hamac, je lis partout et à peu près tout et n’importe quoi.

Aujourd’hui, cher lecteur, nous allons partager ma lecture fou rire du jour : After d’Anna Todd.

Cette série de romans est dans la veine des Twilight et des 50 nuances de Grey. Il s’agit d’une Fan fiction écrit sur Wattpat. Pour la définir rapidement c’est un Harlequin en 5 tomes (4 pour la version anglo-saxon) mais avec des scènes de sexe explicites L’image de la femme, de l’amour et du couple y est largement déformée. 

Mords moi !

On peut décrire Twilight de la façon suivante.

Tome 1 : « Oh qu’il est beau mon vampire phosphorescent ! « .

Le vampire en question s’introduit en douce dans la chambre de Bella pour la regarder dormir…Sérieusement qui dort avec un glaçon phosphorescent ? Et surtout depuis quand c’est romantique un mec qui s’introduit comme un voleur dans une chambre. Bon ok, dans Buffy contre les vampires, Angel fait la même chose…Mais justement on sent bien l’angoisse de Buffy…Là, Bellà, elle trouve cela normal !

Tome 2 :  » Snif ! mon vampire est parti…oh…un beau loup garou torse nu ! » Bella se console dans les bras du 1e loup-garou qui passe torse nu.

Hep ! oui il est beau mais revenons à nos moutons !

Tome 3 : « Mon vampire est revenu. Il m’a enfin mordu et on a un enfant. Ma fille de 5 ans est le grand amour de mon ex, le loup garou torse nu car…elle l’a touché »  (Petite note aux parents : ne jamais laisser sa fille caresser un chien sauf si vous le voulez comme gendre).

L’écriture est mauvaise, les personnages et l’histoire ne sont pas très travaillés. Bref, je n’ai pas pu aller plus loin que le tome 1. Ce qui est déjà bien plus que l’oeuvre suivante,encore plus mal écrit mais destiné à un public plus âgé : Cinquante nuances de Grey…

50 nuances d’ennui

L’histoire : Anastasia Steele, la vingtaine passée, jeune femme vierge et naïve, croise un beau gosse riche, Christian Grey avec des pratiques sexuelles…particulières. Le gars est tellement sûr de lui et de son charme qu’il lui fait signer un contrat d’exclusivité !

Son charme parlons-en. Il passe son temps à lui offrir des cadeaux chers et à la fliquer. A aucun moment il ne la considère comme une adulte, mais plus comme un objet sexuel de plus à mettre dans sa chambre bizarre.

Méthode de drague du psychopathe…

Vous me direz elle n’est pas très futée non plus. Qui accepterait que son amoureux choisisse son médecin, ce qu’elle doit manger, qui elle doit voir etc…Le Christian, là, il a tout d’un bon psychopathe.

Quand aux scènes dites crues, elles n’ont rien d’affriolantes. Même un Harlequin est plus suggestif ! Je ne vois pas bien où est le romantisme dans cette affaire que vous trouverez fort justement résumé ici. D’ailleurs, je vous invite à lire sa version parodique qui démontre bien l’absurdité de l’oeuvre : 50 nuisances d’Earl Grey.

Et après….

Venons en au thème du jour : After 

L’histoire :Dès son entrée à l’université, Tessa fait la connaissance d’Hardin, un étudiant britannique au charme dévastateur. Avec ses cheveux bouclés et ses tatouages, Hardin est aux antipodes de son amoureux actuel. Tessa ne peut nier son attirance pour lui: quand ils s’embrassent, elle chavire, consumée par le désir. Mais plus elle cherche à se rapprocher de lui, plus l’étudiant rebelle la repousse…, pour mieux la rattraper quand elle se résigne à prendre ses distances. Tessa est troublée par l’attitude condescendante d’Hardin, à la limite de la cruauté. Elle a déjà un compagnon parfait, qui ne souhaite que son bonheur. Pourquoi risquerait-elle de le perdre ? Qu’éprouve-t-elle vraiment pour Hardin: une attirance physique puissante, mais passagère, ou un amour sincère et profond ?

Cela c’est le résumé version éditeur de l’histoire. La mienne serait plutôt la suivante : 

Theresa/Tessa/Tessie, fan du look mémère entre à la fac. Elle est en « couple » avec son ami d’enfance, Noah. J’ai mis des guillemets car c’est un couple type élève de 6e, je te fais des bisous sur la bouche et c’est tout. Elle est vierge (et pas du signe astrologique hein !).  Alors évidemment quand elle rencontre à une soirée étudiante, le bad boy du coin, accessoirement fils du président de la fac qui lui fait du rentre dedans elle perd la tête (Attention spoil): 

1/ Le mec l’emmène en balade au bord de la rivière et hop elle perd sa petite culotte !

2/ Du coup, elle a un peu vite oublié son cher Noah et devient fétichiste des T-shirts noirs plus ou moins propres d’Hardin

3/ Comme dans 50 nuances de machin, le gars lui dégote un stage et il emménagent ensemble 3 semaines après leur 1e rencontre.

4/ Tess a quasiment sa chambre chez les parents de son nouveau mec qui trouve ça normal de la voir débarquer tous les 4 matins.

5/ Hardin prend l’avion pour l’Angleterre comme on prend sa voiture pour aller faire ses courses 

6/ Tess a un look de fille bien coincée, découvre sa marque fringue préféré. A la longue c’est saoûlant.

7/ Il lui fait des crises de jalousies à longueur de temps et …ils passent leur temps à s’engueuler.

8/ Ils consomment en 6 mois une quantité d’alcool assez considérable au point que je me suis demandé si le père alcoolique de Tessa n’était pas le plus sobre !

Bref je vais arrêter là sur l’histoire. Ce qui m’a vraiment gênée, c’est la temporalité. Entre le tome 1 et le tome 2 on s’attend à ce qu’il se soit presque passé 1 an et non ! Sur les 5 tomes, il ne se passe réellement que 6 mois ! Exception faite dans le tome 5 où les 30 dernières pages sont de gros gros sauts temporels : 5 ans plus tard, 10 ans plus tard etc… 5 tomes c’est long pour mettre en place des personnages. Cette fin m’a fait un peu penser à la fin d’Harry Potter. Un sentiment de truc bâclé.

Je comprends qu’un Harlequin un peu plus chaud que le roman sentimental habituel attire. Ce n’est pas si mal écrit que ça. L’alternance de narrateur est une bonne idée même si pour moi Tessa reste nunuche. Il y a un petit côté conte de fées noir. Il faut que cela finisse bien malgré les malheurs d nos héros. Même dans la pire situation, Tessa a une bonne étoile. A ce stade là moi, je sais pas qu’elle joue au loto !

Et après le film ?

Je n’ai pas vu le film et je n’en ai pas envie. Je ne vois pas bien comment rendre cette histoire gnagnan dynamique et intéressante à l’écran. J’ai même l’impression qu’ils ont du légèrement modifier l’histoire pour avoir un scénario valable.

Je vous laisse juger de cette affaire !

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Nous n’étions seulement des enfants

Il m’arrive rarement d’écrire sur un livre. Il m’arrive rarement aussi de lire des récits. Et celui-là ne m’a pas déçu. Nous n’étions seulement des enfants de Rachel Jedinak est paru aux éditions Fayard en septembre 2018.

J’ai reçu ce livre dans le Swap sur le centenaire de la 1e Guerre mondiale. Il est certes  hors période mais cela n’a pas d’importance.

Il se lit facilement. Il donne pas une image noire de l’enfance de la petite Rachel. Malgré la gravité du sujet, elle met en avant des valeurs telle que l’amour, la famille et l’espoir. Ce livre est un formidable exercice de mémoire. A mettre entre les mains de nos élèves de collège ou lycée les yeux fermés.

L’histoire

Juin 1939. La petite Rachel Psankiewitz vit à Paris, rue Duris. Elle vit heureuse avec ses parents et sa sœur dans un modeste appartement. Ses parents, juif polonais réfugiés en France sont aimants. Son enfance est douce et pleine des rires et des chants après les repas familiaux. Mais la guerre rattrape cette petite fille qui, sans vous dévoiler toute son histoire, y perd une partie de sa famille et sa candeur.

L’auteur

Rachel Jedinak est une des rares rescapées de  la rafle du Vel’ d’hiv’ le 16 juillet 1942. Elle est la présidente du comité Tlemcem qui réhabilite la mémoire des enfants disparus au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Elle a cœur de faire vivre la mémoire de tous ces enfants disparus à cette époque. Elle intervient souvent dans les établissement scolaires et c’est notamment grâce à elle que de nombreuses plaques du souvenir ont été mis dans les écoles, les collège et lycée de la région parisienne.

La voici en interview

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